Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

'115 mera plus d'amour. 11 veut faire de moi sa femme, non sa maitresse; des le mornent ou il devra renoncer a l'espoir de m'épouser, je con– nais sa délicatesse, il me fuira. A cette pensée, je frissonnai d'effroi. Seule au milieu de l'Océ:m, je n'avais rien a craindre avec son amour. La noblesse de ses sentimenls me défendait contre lui-meme, et son intrépidité contre toute autre attaque. Notre navire se fut-il~ brisé contre les rochers du cap, j'étais su.re que Chabrié m'au– rait sauvée, protégée, et que son courage m'eut fait respecter. Notre navire eih-il sombré en pleine mer, j'étais assurée encore que Chabrié m'aurait portée dans la chaloupe, m'aurait donné son dernier morcean de biscuit, sa der– niere goutte d'eau, m'eut nourrie de sa chair pour conserver mes jours. Enfin, notre navire eut-il pris feu sans que nous eussions eu le • temps de nous sauver, Chabrié, tout entier a son amour, m'aurait pris dans ses hras; et , comme il me l'a dit cent fois avec une expres– sion d'ame, pour me sauver de l'horrible agonie des personnes qui se rroient, il m'eut enfoncé son poignard dans le creur. J'avouerai que je reculais épouvantée devant la crainte, qu'en di– sant a M. Chabrié toute la vérité je ne perdisse,

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