Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

114 M. David avait déja fait plusieurs fois. M. Cha– brié refusa de venir causer avec moi ; il répondit avec brusquerie et colere a l'invitation toute gracieuse que je lui en fis. Tel esl son mauvais caractere que, dans sa colere , il brusque ses meilleurs amis, les fait souITrir et souffre lui– meme pendant des jours entiers. La nuit, je ne pus trouver un instant de som– meil. Je repassais de mémoire la longue con– versation que je venais d'avoir avec M. David; les arguments qu'il m'avait donnés pour prou– ,,er que l'amitié n'existe point me gla«taieut le creur. A peine fermais-je les yeux, qu'un hi– deux spectre, l'impitoyable égo'isme, se présen– tait devant moi, faisant sa proie de tout ce qu'il pouvait atteindre. L'horrible vision me terri– fi.ait, et, m' éveillant en sursaut, je répétais les paroles de M. David:« L'amitié n'existe point; les hommes n'aiment les femmes que par amour. » Cetle pensée me désespérait, sentant qu'il n'était plus en moi d'éprouver jamais d'amour pour personne. Dans l'exaltation fé– brile qui faisait battre mes arteres avec vio– lence, je me disais : Si M. David dit vrai, Chabrié ne m'aimera jamais d'amitié , ft si je lui révele mon mariage, il ne m'ai-

RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx