Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

f 108 nous en espérons, et nous n'aimons qu'en pro– portion de celles que nous donne l' objet aimé. - Mon Dieu ! comme vous avez toujours des réponses arides et désolantes ! - Aimeriez-vous mieux que je vous trom– passe '? ••• je vous suis trop sincerement attaché pour y consentir jamais. Vous etes la seule femme pour laquelle mon estime a augmenté a mesure que je l'ai connue davantage. Avant de vous avoir rencontrée, je ne me figurais pas qu'il pút exister une personne aussi réelle– ment bonne : vous me réconciliez avec l'espece~ humaine, et je corn;ois qu'on vous aime sans .espoir de retour; mais, chere demoiselle, vous faites exception , et l' excevtion confirme la régle. - Eh bien! j'admets que vous ayez raison, que l'amour soit effectivement un sentiment égo:iste, et je crois avec vous qu'il l'est en gé– néral; mais en est-il de meme de l'amitié'? cette affection n'existe-t-elle pas indépendamment de tout intéret? - En vérité, je vous admire! a vingt-six ans, croire encore avec cette candeur d'enfant qu'il existe de l'amitié parmi les hommes ! - Eh quoi ! monsieur, le nieriez- vous?

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