Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

107 sement de douleur que je craignais ne pouvoir supporter, et qui eut pu résulter d'une révé– lation indiscrete. Dans mon inquiétante per– plexité, il me vint en pensée de faire causer M. David sur M. Chabrié, afin d'en connaitre plus particulierement le caractere, et aussi pour apprendre de M. David, qui connaissait si bien le monde, beaucoup de choses que j'ignorais, et dont je sentais le besoin d'etre informée. M. David était toujours fort aimable quand je voulais m'entretenir avec lui, qµoiqu'il se tint constamment sur un ton de réserve et de cérémonie qu'il conserva jusqu'aux derniers instants du voyage. Un soir, M. David étant venu causer avec moi dans ma cabane, pendant que M. Chabrié était de quart, j'cngageai la conversation sur l'amour, l'amitié, pour, de la, arriver a son ami M. Chabrié. - Vous croyez done, mon– sieur David, qu' il n'est pas dans la nature des hommes d'éprouver· un amour pur, dégagé en- 1 tierement de tout intéret personnel, et tout t1 fait d'abnégation? - Mademoisclle, j'en suis convaincu. l'em– mes et hommes , nous rechcrchons la beauté , la richesse J le talent, pour les jouissances que

RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx