Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
... / • 10G incapable de contenir mes sanglots et craignais d'etre entendue par mes voisins. Je ·1e suppliai de m'aimer toujours, tout en le priant de me donner deux jours pour me remettre de l'ag,ita– tion produite par cette conversation. D'apres l'offre que M. Chabrié venait de me faire, je ne pouvais plus douter qu'il ne m'ai– mat avec sincérité et véhémence, comme toute rna vie j'avais souhaité de l'etre; mais, hélas ! cet amour si pur, si dévoué, ou j'aurais pu encore espérer trouver le bonheur, remplissait mon cceur d'amertume et de désespoir, en me faisant sentir, dans toute son horreur, !'in– digne mariage qu'on m'avait J'orcée de con– tracter. Je restai, pendant deux jours, dans une in– certitude des plus pénibles. Parfois, j'étais presque décidée a céder a mon penchant, en disant a M. Chabrié toute la vérité sur ma po– sition; mais la réflcxion venait bientót répri– mer ce laisser-allcr de ma franchise ; toutes les conséqucnces possiblcs s'en présentaient a mon esprit. J'imaginais M. Chabrié me repoussant, commc tous les autres l'avaient fait; je me voyais seule, délaissée , en proie a mon déses– poir. Je reculais, je l'avoue, devant cet accrois-
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