Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
103 lui répondre et craignant de luí laisser lire sur mes traits ce qui se passait au fond de mon ame . Je restai longtemps sans pouvoir trouver une parole. Je me prosternais en pensée devant un tel amour, et puis, songeant que je ne pourrais jamais, partager cet amour céleste , j' en versais des larmes de désespoir. M. Chabrié souffrait de mon silence ; il le rompit et me <lit : - Mademoiselle Flora, s'il vous est impossible de me répondre un oui ou un non, regardez-moi, vos yeux sont tellement expressifs, que j'y devinerai facilement votre pensée. - Ah! pauvre ami, c'est justement afin de vous éviter cette nouvelle peine que je n'ose vous regarder. - Vous refusez done l'amour de votre vieil ami'? ah! il vous aime pourtant bien! - Chabrié ! lui <lis- je , en jetant ma tete sur sa poitrine, votre amour me parait trop grand, trop généreux. Je crains qu'il ne soit qu'un moment de folie. .. · - flora! en ce moment vous ne pensez pas ce que vous dites : votre réponse est celle du monde, car c'est ainsi qu'on me jugera dans
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