Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

la résolution de ne m'airn.flr que d'amitié, mais l'amour entra dans son creur malgré sa volonté. Je dois dire que la bizarrerie de nos positions respectives, le mystere dont j' étais enveloppée a ses yeux et la vive amitié que je luí témoignais concoururent a faire naitre en luí un sentiment auquel il n'aurait peut-etre pas été accessible dans une autre circonstance. D'apres_le plan que je m'étais tracé, j'avais été obligée de mentir a M. Chabrié, et, en lui racontant tres succinctement les événements de ma vie, je lui avais caché mon mariage. Cepen– dant il avait fallu lui expliquer la n_aissance de ma fille. Oh! que celui qui, pour sortir d'em– barras, recourt a un premier mensonge, con~ nait mal la route sans issue dans laquelle il s'en– gage ! Il faut qu' il continue· a mentir, et il ne peut sortir des inextricables sinuosités du téné– breux labyrinthe qu'en revenant, en définitive, a la vérité. Je m'étais vue forcée de dire a M. Chabrié que j'avais eu un enfant, quoique demoiselle : je lui dis que c' était la le secret mo~ tif auquel il fallait attribuer la répugoance que j'affichais pour le mariage. Cettc coofidence eut pour résultat de me faire aimer encore davantage _par _M. Chabrié,

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