Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

-100 age qui auraient eu a vi vre avec · une jeune femme dans l'intimité de la vie de bord, e cela pendant cinq mois. Je crois qu'en mer le creur de l'homme est plus aimant : perdu au milieu de l'Océan, sé– paré de la mort par une faible planche, il réflé– chit sur l'instabilité des choses humaines; sa vie passée se déroule devant lui, et, parmi les sentiments qui l'ont agité, il n'en ~oit qu'un seul dont il luí reste quelque chose, qui ait en– core pour lui des souvenirs de bonheur: c'est l'amour. L'ho.mme, pret a quitter la vie, recon– nait tout le vide de l'ambition, toute la stérilité de la gloire; il sent l'ennni naitre des grandeurs et la satiété des richesses. Mais l'impression des amours de sa jeunesse répand des charmes jus– que sur les derniers instants de son existence. 11 croit instinctivement qu'il retrouvera dans un meilleur monde les etres qui ont eu ses affections. A bord , les etres tendres et religieux ont le cceur plus aimant, la foi plus vive :· isolé de toutes les sociétés de la terre, en présence de l'éternité, on sent le besoin d'aimer et de croire, et ces deux sentiments s'épurent de tout mon– dain alliage. M. Chabrié était un de ces etres; il avait pris

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