Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
• 99 En disant ces mots, je lui serrais la main en lui mettant ses gants; souvent méme, en luí arrangeant ses doubles cravates, afin de le ga– rantir du froid, je l'embrassais sur le front. Je me plaisais a l'entourer de ces soins et de ces caresses comme s'il eut été mon frere ou mon fifs. Je sens ici toute la difficulté de la tache que je me suis imposée, non que ríen de ce que j'ai a dire soit pour moi une cause de repentir; mais _je crains que la peinture d'un amour vrai, d'un coté, et d'une amitié pure, de l'autre, ne soit, danscesieclernatériel, accuséed'invraisemblance; je crains de ne rencontrer que peu de personnes dont l'ame, en harmonie avec la mienne, croie a mes paroles. Au surplus, avant de commencer ce livre, j'ai examiné attentivement tontes les conséquences possibles de ma narratio!-) , et , quelque pénihles que fussent les devoirs que ma consciencc m'imposait, ma foi d'apótre n'a pas chancelé; je n'ai pas reculé devant l'eur accomplissement. M. Chabrié ~ d'une nature sensible, ne put voir mes douleur:; sans en etre profondément ému: de l'amitié il passa a l'amour, comme cela serait arrivé a presque tous les hommes de son
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