Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

98 douce : - Mademoiselle Flora, je vous en sup– plie, dites-moi quelques paroles de votre bonne amitié, que je puisse supporter quatre heures de froid, de neige, de glace. - Serais-je done assez heureuse, pauvreami, pour que mon amitié put alléger vos maux? Ah! elle vous est bien acquise; mais savez-vous que e' est me faire Dieu de me dire que je puis dimi– nuer vos souflrances? - Eh bien! mademoiselle Flora, vous etes Dieu, du moins pour moi. Telle est la puissance que vous exercez sur tout mon etre, qu'il suffit d'un mot de vous, d'un de vos regards, d ' un de vos sourires pour augmenter ma force et soute– nir mon courage. Je monte la haut, et pendant quatre heures je pense a vous et ne sens pas le froid. - Que de femmes a ma place seraient flat– tées d'entendre de telles paroles ! elles remplis– sent mon creur de joie; je vous en remercie, Chabrié, j'en garderai le souvenir toute ma vie. Montez, cher ami, et puisque songer a moi peut vous rendre heureux, persuadez-vous bien que l'amitié que je ressens pour vous dépas¿e de beaucoup, quoique dífférant de nature, l'amour dont d'autres femmes vous ont aimé.

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