Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
97 tres faible. 11 était de Bordectux; mais ayant fait a Paris son apprentissage de cuisinier, il y avait pris toutes les manieres du Parisien. C'était un beau parleur, un grand liseur de romans. Il avait servi comme cuisinier a hord d'une frégate de l'État, et passé le cap de Bonne– Espérance. Naviguant en juillet et aout a l'extrémité mé– ridionale de l'Amérique, nous n'avions que qua– tre heures de jour, et, Jorsque la lune n'é– clairait pas, nous étions pendant vingt heures dans une obscurité profonde. Ces longues nuits, augmentant les difficultés et les dangers de la navigation, sont cause de nombreuses avaries; les mouvements violentsdu navire, le siffiement affreux des vagues ótent toute faculté pour s'occuper a chose quelconque. On ·ne pouvait ni lire, ni se promener, ni meme dormir: Que serais-je devenue pendant les six semaines de cruelles souffrances que nous eumes a endurer dans ces parages, si, abandonnée a mes proprcs forces, mon atne n'e11t été réchauffée par la suave et pure affection de M. Chabrié? . Avant de monter sur le pont pour y faire son quart, M. Chabrié venait aupres de mon lit et me demandait avec sa voix qu'il faisait I . 7
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