Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
96 jours pur, ou la température est tiede, ne pou– vait se faire aux neiges et aux g!aces du cap. M. Miota, tres frileux, habitué a toutes les dou– ceurs de la vie de Paris , et dont la santé était fai6le, souffrait horriblernent. Cesario et Fer– nando pleuraient leur beau ciel d'Andalousie. Don José seul supportait le froid sans mot dire. Quant a M. David, il se· faisait un point d'hon– neur d'y paraitre insensible, mais l'insociabilité de son humeur ne prouvait que trop qu'il en souffrait autant que nous. M. Chabrié était plus brusque et plus bourru que jarnais, et moi, j'étais devenue si capricieuse, si irritable, que la moindre contrariété excitait mes larmes ou ma colere. Le seul individu qui se montra tou– jours le meme fut le cuisinier : il ne se dérnentit pas un seul jour, et fut admirable de gaité et de cour~ge. 11 trouvait moyen de faire la cuisine, malgré le temps épouvantable qui renversait ses fourneaux ; soignait les rnatelots; ,fidait notre mousse dans le service de la chambre; pretait encore la main a la manreuvre quand il le fallait, et souvent meme foisait le quart de nuit. Pendant toute la traversée, il n'eut pas une minute de malaise, quoiqu'a le voir. petit, maigre el pale' on l'eut pris pour Ul) homme
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