Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

• 95 l'amour-propre a entendre leur profession, ont l'ambition de parvenir; et, lorsque leurs efforts pour atteindre ce but ont été sans succes, ter– minent leur vic laborieuse dans les embarca– ti'ons ou alléges des ports de rner. Le froid du cap Horn, outre ses funestes effets sur la santé du matelot, exerce une fa– cheuse influence sur le moral de ceux meme qui prennent le plus de précaut~ons pour se pré– server de ses atteintes. Les officiers, ayant des cabanes bien seches, étant pourvus de tout ce que l'industríe humaine a pu inventer pour se garantir du froid et de l'humidité, n'en souf– frent pas comme le matelot au point d'en etre malades, mais l'aprelé de la température les rend moroses. L'extreme difficulté qu'ils éprou– vent a faire exécute'.r le commandement, la vue des souffrances de leurs homrnes , l' é– nergie qu'exige l'accomplissement de leurs devoirs, les fatigues extremes qui en résultent, toutes ces causes réunies les irritent ; l~ur hu– rneu~ en devient a9ariatre, et les caracteres les plus doux, au bout d' un rnois de_ séjour dans ces parages, sont insupportables. M. Briet, qui, depuis dix ans, n'avait pas qúitté les cotes du Pérou et de la Californie, ou le ciel est tou- •

RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx