Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
94 rent que l'ancre quant a la plage ou le batiment mouillera. Arrivé dans un port, il ·abandonne son navire ei -Ie salaire qui luí est du, va a terre, y vend jusqu'a sa pipe, pour aller diner avec une fille, et, le lendemain, s'engage de nouveau a bord du premier batiment anglais, suédois on américain qui a besoin de ses services. Si dans sa périlleuse carriere la mer l' épargne ; si sa santé résist.e a tous les exces, a toutes les fati– gues; s'il survit a tous les maux dont il est as– sailli, parvenu a cet état de vieillesse qui ne luí laisse plus la force de larguer une écoute , il se résigne a rester aterre; il mendie son pain, dans le port ou son dernier voyage l'a laissé; va man– get ce pain sur la plage, au soleil, regarde la mer avec amour; c'est la compagne de sa jeu- · nesse; elle luí rappelle de nombreux souvenirs; il gém~t de son impui~sance, puis va rnourir a l'hópital. Voila la vie du vrai matelot. Lehorgne m'a servi de modele ; mais, comme tout dégénere dans notre société, ce type se perd chaque jour. Maintenant les rnatelots se marient, portent avec eux une malle bien garnie , désertent moins, parce qu'íls ne veulent pas perdre leurs effets et l'argent qui leur est du, mettent de
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