Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

91 malades sur le gaillard d'avant, les pansait, les consolait, les ranimait. - Eh bien! gargons, leur disait-il en entrant, comment allons-nous aujourd'hui? ces coquins d'abcés s'en vont-ils?... Toi, Leborgne, on dit que tu bois la mer et les poissons ; tu es peut– etre échauffé, mon gargon? - Échauffé, capitaine ! oh ben oui ! c'est tout le contraire : je grelotte. - Mais, beta, tu grelottes parce que tu as la fiévre. - Oh! oui ! et d'une belle force! Mais, ca– pitaine, j'avais toujours entendu dire que l'on avait chaud avec la fiévre, et moi je suis gelé. --- Comment ne serais-tu pas gelé avec ta chemise rose, imbécille? Mais tu étais done fou quand tu t'es embarqué pour passer le cap Horn avec cette seule chernise de toile et un mauvais pantalon? - Que voulez-vous, capitaine? je déteste les bagages; je trouve que cela embarrasse a bord; et puis, le vrai matelot, doit etre comme le li– ma9on qui porte tout sur lui. - Malheureúx ! c'est avcc de sernblables idées que tu es arrivé a trente-huit ans , n'ayant

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