Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

85 Entre la ligne et le cap Horn nous eiimes d'assez beaux jours. Ce fut alors que f admirai avec ravissement le lever du soleil dans toute sa magnificence. Quel spectacle imposant sous cette zone ! Toutefois le coucher du soleil me paraissait plusbeau encore. Non, l'reil humain ne peut voir rien de plus sublime, d\m grandiose plus divin, d'une plus éblouissante beauté que le coucher du soleil entre les tropiques! Je n' essaierai pas de dé– crire les effets magiques de lumiere que produi– sent ses derniers rayons sur les nuagcs et sur les flots. La parolecstsans couleur pour les peindre, le pinceau sans vie pour en animer la peinture; ces spectacles ravissent, élevent l'ame vers le créateur; mais il n'est pas donné a l'homrne de reproduire les émotions qu'ils excitent. Apres un beau coucher du soleil, j'aimais a rester une partie de la nuit sur le pont. Je m'as– seyais au _bout du navire, et la, ~out en causant avec M. Chabrié,je regardaisavec un Yif plaisir lesdessins de lumiere phosphoriquequi jaillissent du mouvement des vagues. Quelle brillaute co– mete notre navire trainait apres lui ! Quelle ri- . chesse de diamants ces folles vagues soulevaient dans leurs jeux. J 'aimais aussi a voir desbandes de gros marsouins venir le longrlunavirr, laissant

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