Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

84 était le cuisinier. Celui-ci, au nom de Neptune, dont il s'intitulait le secrétaire, écrivit une lettre au capitaine. Leborgne se chargea de la remet– tre; revetu d'une toile a voiles imbibée d'eau de mer, il avait assez l'apparence du messager du dieu des ondes. , Je suis fachée de ne plus avoir cette lettre : le style, l' orthographe et la pensée étaient caracté– ristiques. Le malin cuisinier exprimaitlecourroux que le dieu ressentaita voirson empire traversé par des capitainesphilosophes. 11 mena<;ait de lesenglou– tir, a moins qu'ils ne voulussent bien se préter de bonne grace a payer le tribut qu'ils luí de- ' vaient. Notl-e capitaine comprit tres bien l'ingé– nieux apologue, et afin d' apaiser le courroux de Neptune, il envoya a ses dignes représentants du vin, de l'eau de vie, du pain blanc, un jam– bon et uue bourse dans laquelle chacun de ceux qui passaient la li.gne pour la premiere fois avait mis une piece de monnaie. U nous parut que le dieu fut tres sensible a tous ces dons, car nous entendimes, au milieu des chants de ses serviteurs, les voix glapissantes du cuisinier et de Leborgne percer de la maniere la plus discor– <lante.

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