Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

citrons aigres que le pieux Tappe nous avait vendus pour de hons citrons; il faisait donner a l'un de la soupe, a l'autre des bananes, a ce– lui-ci du thé, a celui-la du punch ; enfin il était le garde-malade de tous. Nous resta.mes environ dix-septjours dans les parages de la ligne. Peu a peu l'ínfection dis– parut. On nettoya parfaitement la chambre; on brula du vétiver, de la vanille; chacun don- · nant tout ce qu'il avait d'odeurs, afin de parfu– mer cette chamnre, qui était la capitale de notre emp1re. Comme l'équipage du Llfexicain se composait d'hommes de progres, il n'y eut pas de bapteme sous la ligne. Le navire, qui était a son premier voyage, avait été lancé du chantier sans etre haptisé, et conséquemment n'avait eu ni parrain ni marraine. On était sorti de la riviere un ven– dredi, et le capitaine ne voulait pas qu'on fit de bapteme, trois évenements importants qui fai– saient dire a Leborgne, le vrai matelot, que ses samrs pourraient bien voir fleurir les ceri– siers deux saisons de suite avant que nous re– vissions la terre. On n'osa pas aller contre l'or– dre du capitaine; mais il se trama une conspira– tion sur le gaillard d'avant, a la tete de laquelle

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