Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

82 bord, garantie a la fois du soleil et de la pluie. M. David m'avait preté des bottes : M. Briet s'était privé de sa grande capote en peau de pois~ son pour me la preter. Cette capote, faite en Chine, du plus beau travail, était imperméable et excessivement légere. M. Chabrié m'avait donné un grand chapeau ciré, également i~– perméable. Ainsi affublée, j · étais, nouveau Dio– gene, logée dans mon tonneau, f~isant de tristes réflexions sur la condition humaine. M. David, qui a un secret a luí pour supporter le chaud et le froid ave<? la meme sérénité, était toujours leste, gaj et bien mis. Tous ces messieurs n'a– vaient que leur chemise et leur pantalon. M. Da– vid seul avait une cravate, des has et une veste en toile blanche : lui et notre cuisinier I étaient, chacun dans sa sphere, l'ame du navire. Rien ne pouvait les abattre. M. David avait mille pré~ venances pour nous : il nous faisait. rafraichir de r eau dans des bouteilles qu'il tenait dans la mer, il nous préparait de la limonade avec ]es ' Quand i\ vint se présenter pour servir dans sa profession pendant le voyage, M. Chabrié luí fit observer que le métier de c uisinicr, a bord, était tres pénible, il répondit : « Capitaine ! soycz tranquil\e, je connais mon affaire, et d'ailleurs, pour moi, lamer est un élément. » •

RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx