Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
81 pouvions mettre la tente pour nous en garantir, a cause de · la fréquence des changements de vents. Chacun de no'us, sur le pont, chérchait a se blottir dans un coin, le mieux qu'il pou– vait, afin d'avoir un peu d'ombre; mais tous nos efforts étaient vains, et nous ne pouvions pas plus réussir a nous mettre a l'abri <lu soleil.que de la pluie. C'était pitié de nous voir aussi mouillés que si la mer nous eut couverts de ses ondes, abattu~ par la chaleur, la fatigue' et le sommeil. Nous éprouvions une soif ~Jévorante ; nous n'avions aucun fruit frais dont nous pus– sions nous rafraichir. L'eau de l'approvisionne– ment était renfermée dans des tonnes qui, toutes sur le pont, s'échauffaient par l'ardeur du so– leil, a un tel point que l' eau était plus que tiede. Nous avions la bouche seche, brulante : nous ressentions comme une espece de rage. Malgré les soins et les complaisanccs que ces m~ssicurs du Mexicain eurent pour moi dans cette occasiori comme pendant tout le voyage, je crus que je succomberais a la fatigue dont je fus accablée au passagede la ligne. M. Chabrié m'a– vait fait défoncer un tonneau vide, qui me ser– vait d'abri: au moyen de cette maison roulante , . ' j'étais, par exception aux autres personnes du l. 6
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx