Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

80 j'étais tout a fait Lien. Cet état journalier con– tinua jusqu'a notre arrivée a Valparaiso. Mais, lorsquc lamer devenait mauvaise, j'étais ma– lade jour et nuit sans interruption. Quatorze jours apres notre sortie de la Praya, nous étions sous la ligue, et la commencerent nos grandes miseres. Notre navire, ayant été réparé avec soin, ne faisait plus eau du tout; mais il en résulta un grave inconvénient : il nous vint de la cale une forte odeur occasionnée, pensames-nous, par la putréfaction de l' eau qui y était restée, et que la mer ne renouvelait plus. Cette odeur était tel– lement corrosive, que l'argenterie en devenait noire. Le batiment en était infecté: il nous fal– lut déserter nos cabanes, car on ne pouvait res– ter dans la chambre sans courir le risque d'etre asphyxié. . Nous éprouvames pendant douze jours les souffrances les plus pénibles. Ne pouvant des– cendre dans la chambre, il fallut se résoudre a rester jour et nuit sur le pont. Nous a vions con– tinuellement, par quarts d'heure d'intervalle, de l' orage et de la pluie; ensuite le soleil de l' é– quateur dardait verticalement ses rayons sur nos tetes. La chaleur était intolérable, et nous ne

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