Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

76 contenir que trois personnes, et M. Briet n'y pouvait rester debout. Le capitaine Brandisco était au comble de la joie : il nous re<;ut de ·son mieux, nous offrit du tres bon rhum, de l'excellent café, des biscuits; il avait de tout en abondance. 11 voulait absolu– ment que j'acceptasse des petits colliers en ver– roteries, que les négriers ont toújours en qua-n– tité a leur bord; car des ornements de cette valeur sont aus_~i rec;us par l' Afrique en échange de ses enfants. Je me contentai de lui prendre un verre de Boheme, afin de ne pas le désobli– ger. Apreshqus avoi:rparlé de sa petite femme, de son ancienrié richesse, il en vint a faire l'ar– ticle. - Tenez, nous dit-il, j'ai la deux jolis petits negres qui feraient bien votre affaire : ils sont bons, honnetes, bien dressés, forts et sains. Cok! cria-t-il : aussitót un jeune negre de quinze a seize ans sauta dans la chambre et resta devant nous immobile. Le misérable Bran.. disco se mit a vanter sa marchandise, retour– nant de tout cóté cet etre humain , comme un maquignon cut pu faire d'un jeune poulain. _Cet acte de barbarie rendit présents a mon esprit tous les maux de l'esclavagc dont la Praya m'a- "

RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx