Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
.. 1/4- trois-mats de Jmit cents tonneaux, tellement chargé, que les chaines de haubans entraient dans l'eau : mais j'ai été volé par ces chiens d'Anglais. Ces pirates m'ont dévalisé. - Dans quels parages? demanda M. Cha– brié; et de quoi done étiez-vous chargé? - J'avais toute ma fortune a bord, reprit– il, évitant de répondre a la question ·;- c'était mon dernier voyage. Ah! les chenapans d'An– glais ! je les vois encore avec leurs habits rou– ges. Ces faquins-la sont bien les plus impudents coquins que Satan ait m~s au monde : non con– tents de me voler, les scélérats m'ont garrotté et emmené en Angleterre. - Diable m'emporte s1 Je vous comprends, avec votre parler barroque, r~prit M. Chabrié. Ce que je crois deviner, capitaine Brandisco, c'est que ·votre beau trois-mats était tout bonne- • ment un négrier, et le pirate qui vous a volé, une frégate anglaise qui vous aur~ pincé,, n'est– ce pas cela? - Comine vous le di tes, capitaine. Cet in– fernal gouvernement anglais m'a tenu pendant dcux ans en prison. 11s m'ont relaché enfin, m¡iis e;; voleurs m'ont gardé mon trois- mats et tous lmes negres; c'est ur~e infamie ! t .. •
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