Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
73 tunités du capitaine Brandisco, j'allai lui faire une visite a bord de sa goelette. J'étais accom– pagnée par MM. David et Briet, car M. Cha– brié ne se sentait aucune sympathie pour le pauvre capi taÍf\e vénitien.. Ce Brandisco était encore un original dans son genre : il posait pour moi, et je ne crus pas devoir en dédaigner l'esqui'sse. C'était un homme de cinquante ans, maigre et chétif, né a Venise. Depuis l'age de six ans, il parcourait toutes les mers : il avait été mousse, mate– lot, capitaine et propriétaire de navire. Long– temps serviteur d.e l'épouse du doge, il s'é– tait lancé ensuite dans le grand Océan, et avait éprouvé <;le~ fortunes di.verses. 11 parlait toutes les langues, mais toutes si mal, qu'a peine s'il pouvait se faire comprendre dans aucune, et néanmoins c'était un bavard intarissable. Il nous avait pris en grande amitié, moi surtout, parce que, disait-il, j' étais la compatriote de sa pe– tite femme, e' est ainsi qu'il la nommait. Ce ca– pita.ine Branrlisco nous avait raconté son his– toire : de simple gondolier, il était. parvenu a acquérir de la fortune; devenu riche, il avait voulu l'ctre plus encore, et avait été ruiné. - Oui ! nous dit-il unjour, j 'ai eu a moi un beau • . ..
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