Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

72 j'examinai avec beaucoup d'attention toutes les figures noires et basanées qui se présentaient a moi; tous ces etres, a peine vetus, offraient un aspect repoussant : les homp:ies avaient une expression de dureté, souvent meme de féro– cité, et les femmes d'effronterie et de betise. Quant aux enfants, ils étaient horribles de lai– deur, entierement ~ns, maigres, chétifs; on les eút pris pour des petits singes. En passant devant la maison de ville, nous vin:ies des soldats oc– cupés a pattre des negres par ordre des maitres auxquels ceux-ci appartenaient. Cette cruauté, dans les usages habituels de cette population, re– doubla l'humeur sombre que la scene du consu– lat m'avait donnée. Arrivée chez madamc Wa– trin, je me plaignis a cette dame, qui paraissait si bonne, de tous les acles de barbarie que j'a– vais vu commettre dans la ville. Elle se mit a sourire, et' me répondit avec sa douce voix : - Je conc;ois que pour vous, nourrie dans d'afttres mreurs, ces coutumcs paraissent étran– ges; mais vous ne seriez pas ici huit jours, que vous n 'y songeriez plus. Ccttc séchercsse, cette dureté me révoltaient. 11 me tardait d ' ctr<' loin de tout.ce monde. La vcille de notrc départ, cédant aux irnpor-•

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