Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
• 68 en lui faisant croire que tout ce qui était a moi lui appartenait aussi. Ensuite je lui fais faire la cuisine et l'oblige a gouter, devant moj, ce qu'elle me sert avant d'en manger. Je trouve dans cette précaution une tres grande sécurité. J'ai trois enfants de cette filie : e11e les aime beaucoup. - Alors vous ne pouve_z plus songer a re– tourner en France, car vous voila at.taché dans ce pays. -Pourquoi done? serait-ce a cause de cette femme? Oh! cela ne m'inquiéte pas. Des que j'aurai réaliséma petite fortune, j' amenerai cette négresse ici un jour que la mer sera tres agitée, je lui dirai : Je retourne dans mon pays; veux-tu me suivre?... Comme toutes ces femmes ont grand'peur de lamer, je suis sur qu'elle me re– fusera; alors je lui dirai : Ma chere amie, tu vois que je fais mon devoir; je te propose de t'emmener : tu refuses d'obéir a ton mari, je ~uis trop bon pour t'y contraindre par la force, je te souhaite toutes sortes de bonheurs, et je m'eri vais. - Et que deviendra cette pauvre femme?... - Oh! ne craignez rien; elle ne sera pas a plaindre : elle vendra ses enfants dont elle aura
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