Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

66 pouvons contenir, sort par tous nos pores. Cet homme me représentait une bete fa uve. Quand il se fut bien gorgé, ses traits reprirent peu a peu leur expression ordinaire, qui était de n·en avoir aucune, et il recommen<;a a me parler sur le meme ton qu'avant le diner. - Votre capitaine, mader:noiselle, vient de nous donner un bien bon diner. Manger, voila la vie : et moi, dans cett-e ile de misere , je suis privé de cette vie-la. - Vous n'avez done ríen a manger dans' cette ile? - Nous n'avons que du mouton, de la vo– laille, des ·légumes, du poisson frais et des fruits. - Mais il me semble qu'avec toutes · ces choses on doit avoir un ordinaire tres conve– nable. - Oui, si l'on avait un cuisinier et tout ce qu'il faut pour préparer les mets; mais on n'a ríen de tout cela. - Pourquoi ne dressez-vous pas une de vos négresses a faire la cuisine. - Ah! mademoiselle, on voit bien que Yous ne connaissez pas la race noire. Ces miséra– bles créatures sont si méchantes, qu'il m'est im-

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