Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
65 <l' aigreur; elle aurait fini comme de coutume, entre M. David et son ami, par quelques vives houtades, si nous n'en avions été distraits; le mousse venant annoncer le diner. M. David s'approcha alors de moi et me dit :– Maintenant, mademoiselle, je ne plaisante plus; je vous engage a étudier cet homme. Je vais le placer a coté de vous : surmontez un peu VOS répugnances. Je crois que pour un '1oyageur cette rencontre est une bonne fortune. Pendant le prernier service, l'ancien sémina– riste mangea et but; son avidité était telle qu'elle ne luí laissa pas le temps de prononcer une pa– role : toutes les facultés de son etre étaient ab– sorbées par son assiette et son verre. Je ne man– geaisjamais du premier service, j'avais ainsi lout loisir pour examiner cet hornme remarquable, dans son genre, comme le disait M. David. Je pus saisir a l' expression de ses traits la passion dominante chez lui; c'était la gourmandise. Comme ses petits yeux brillaient a la vue de l'é– norme gigot et des autres pieces de viande qu'on nous servit! Ses narines s'ouvraient; il passait sa langu'e sur ses levres minces et pales; la suene courai t sur son .front; il paraissait etre dans un de ces moments ou la jouissance, que nous ne J . 5 • ✓
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