Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

61 M. Tappe me parlait de tout ce que je viens succinctement de raconter avec une simplicité, une bonhomie qui me laissaient tout ébahie. Je regardais cet homme, cherchant a deviner dans ses traits quelle pouvait etre sa pensée; mais, pendant tout le temps qu'il causa avec moi, sa figure n'exprima aucune émotion : il resta calme et impassible. Je ne trouvai pas un mot a répondre a M. Ta ppe; j' éprouvais, a sa vue, une de ces répugnances ·instinctives, et, ne pouvant m'en débarrasser autrement, je descendis dans la chambrc: j'y trouvai M. David en grande te– nue de négligé, ·a table avec son consul qui, décidément, ne pouvait plus le quitter. Quand j' entrai, il jeta son cigare et me dit : - Eh bien ! mademoiselle, que di tes-vous de l'aimable compatriote que je vous ai amené? . J'espere, et vous en conviendrez, qu'il se trouve aux iles du Cap-Vert des Fran<;ais un peu soi– gnés. Voila un homme qui parle latin mieux: que Cicéron. Ce gaillard vous cite Horace, Ju– vénal ou Virgile a propos de citrons verts ou de choux mal venus, sans compter les passages des Saintes Écritures; il conná.it aussi l'hébreu. Je suis sur, mademoiselle, que vous etes flattée , ..

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