Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
60 M. Tappe, en achevant son histoire, se croisa lesmains sur sa poitrine, leva ses petits yeux gris vers le ciel, et récita a mi-voix deux ou trois phrases latines que je ne rapporte point, parce que je ne comprends pas le latín. J'étais curieuse de savoir quel genre d'affaires avait déterminé M. Tappe a abandonner l'apos– tolat pour les chances de la fortune : je luí de– mandai quel ponvait done etre le moyen de for– tune rapide qui l'~vait séduit. - Mon Dieu, madernoiselle, il n'y a sur cette cótequ'un seul genredecommerce, c'est la traite des negres. Quandje vins m' établir dans cette ile, ho ! alors, c'était le bon temps ! il y avaitde l'argen_t a gagner, et sans se donner beaucoup de peine. PE>ndant deux ans, ce fut un beau commerce; la prohibition meme de la traite faisait qu'on ven~ dait les negres tout ce que l'on voulait; mais, depuis lors, ces maudits Anglais ont tant insisté pour l'exécution rigoureuse des traités, que les dangers et les dépenses qu'occasionne le trans– port des negres ont ruiné entierement le plus avantageux commcrce qu'il y cut; ensuite cette industrie est mai11tenant exploitée par tout le monde, et on ri'y gagne pas plus qu'a vendre des ballots dC' laine on de coton .
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