Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

57 Et je baisai son front avec un mouvement de reconnaissance qui fit couler mes larmes. 11 était pres de deux heures du rnatin quand je deseendis 1ne eoucher. Je dormis jusqu'a dix heures de la matinée. Je fus réveillée par la voix harmonieuse de M. Chabrié, qui chantait une vieille romance sur l'amitié. Je me levai : tout le monde avait déjeuoé; le mousse me ser– vit. M. Chabrié vint me tenir eompagnie, pela mes oranges et mes bananes, en causant avec un abandon et une franchise qui, a chaque instant, me faisaient l'aimer davantage. Vers trois heures, M. David et M. Miota re– parurent, amenant avec eux le Frarn;ais de chez lequel ils venaient. M. Miota, excédé de fatigue, se coucha: quant a M. David, il ne se plaignait pas de la lassitude; mais il était tres en colere, parce qu'il n'avait pas fait sa barbe depuis trois jours, et que sa toilette était un peu en dé– sor<lre. 11 fallut lui céder la chambre tout en tiere, afin qu'il put y refaire sa toilette en grand; ce qui ne fut, au surplus, une privation pou·r aucun de nous, parce que le pont était dcvenu un salon fort agréable, au moyen de la tente ciui nous abritait du soleil.

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