Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
, 58 Le peu de mots que M. David m'avait dits sur le compte du Frarn;ais, propriétaire dans cette ile du Cap-Vert, me donnait envíe de causer avec luí. C'était un petit homme aux membres trapus, aux traits anguleux, au teint basané, aux cheveux noirs, épais et tombant lisses sur les tempes. Sa mise ressemblait a celle d'un de nos _paysans endimanchés. Je l'abordai avec des paroles aífables, comme on est porté d'en adres– ser a nn compatriote que l'on rencontrc loin de son pays. M. Tappe (c'était son nom) se montra sensi– ble a ces marques d'intéret, et, quoiqu'il ne fút pas d'un naturel tres causeur, je vis qu'il se lais3'.~rait aller volontiers a me raconter son his– toirc. 11 y avait qúatorze ans que M. Tappe était établi aux ilcs du Cap-Vcrt. Je lui demandai comment il avait choisi une terrc aussi aride. - Mademoiselle, merépondit-il, ce n'est pas moi qui l'ai choisie; mais Dieu, dans ses incom– préhensibles décrets, a voulu que je dcmcurasse ~ur cettc terre de misere et d'aridité. Des mon enfance, mes parents me destinórent au saint ministere des autels; j e fus élcvé au séminaire d-c
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