Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
5A main a M. Chabrié, je ne pus qu'articuler ces mots: - Que je souffre ! oh ! mon Dieu ! que je souffre ! Aprés ce cri d'u11e douleur que tous mes ef– forts n'avaie:qt encore pu vaincre, je laissai re– tomber ma tete sur mon oreiller. Les objets ex– térieurs me fatiguaient, mes yeux se fermerent; et , ploµgée dans uue confusion de souvenirs , je go-qta~ un charme indéfinissable de l' exces meme qe ma douleur. Je fus plusieurs heures dans lq meme attitude, pendant lesquelles l'a– gitatio~ convulsiye de mon cerveau surtnontait la puissance de mon ame. M. Chabrié était allé chercher mon manteau, m'en avait couverte, et ~vait garantí ma tete de l'humidité de la nuit avec un foulard. Je le sentais assis a mes cótés; de temps en temps, il soupirait comme un homme oppressé par le spasm,e. Parfois il se levait, faisait quelques tours de promenade et revenait s'asseoir. Quand je sortis de cette espece de songe, la lune éclairait la haie de la Praya. La lucur pale et blafarde de ses rayons donnait l'apparence d'une morne tristcsse a tous les objets qui nous environnaicnt : pas le plus léger bruit n'arri- ...
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