Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
sentir la Leauté sublime du dévouement, dé– daigne l'amour qu'il a inspiré, est pire que le perfide. Oui, l'etre qui, craignant d'etre trop aimé, voit souffrir a vec la plus seche indiffé– rence celle qui l'aime est pire que le perfide. Ce dernier, monsieur Chabrié, a toujours l' a– mour pour mobile; l'autre, mu par le dégoutant égoi:sme, réfléchit toutes ses affections sur lui– meme. En prononc;ant ces mots, échappés presqu'a mon insu, j'avais oublié la réserve qu~, jus– qu'alors, j'avais scrupuleusement observée ; tous mes traits ,' l'accent de ma voix devaient exprimer une douleur surhumaine; celle dont le souvenir animait mes paroles avait été, comme l'amour qui l'avaitcausée, un sentimentinconnu sur la terre. M. Chabrié fut frappé de mon expression et me dit, en me regardant avcc anxiété : - Grand Dieu ! auriez-vous aimé un homme d'une nature aussi atroce ? Ah ! dites , dites– moi si une semblablc douleur peserait sur vous? Je ne pouvais parler : je lui fis un, signe de (ete qui disait oui. Je regardai le ciel comme pour implorer son secours; puis, tendant la
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