Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

• 52 fonl les animaux. Mais je présume, mademoi_, selle, que vous comprenez tt·op bien l'amour pour donner le nom de vie a une pareille exis– tence. Gependant c'est ainsi que vivent la plupart des hommes. En songeant a cela, n'éprouvez– vous pas comme moi un sentiment de honte d'appartenir a la race humaine? - Non. La race humaine souffre et n'est pas méprisable; je la plains du malheur qu'elle s'est fait, et je l'aime parce qu'elle est malheu– reuse. - Et vous ne ressentez jamais le besoin de vous en venger? - · Jamais. - Mais peut -etre aussi n 'avez-vous jamais eu a vous plaindrc de personne : vous n'avez rencontré, il est probable, que des gens qui vous aimaient; et vous ignorez l'affreux, le poignant d'une la.che perfidie. - Cela est vrai; mais je connais quelque chose de plus affreux que la perfidie, c'est l 'in– sensibilité. Oui, l'etre froid ínaccessible a l'en– thousiasme, qui répond avec sa raison aux sen– timents du cceur, et prétend mesurer les élans de l'ame , oui, cet automate que le souffie de Dieu n 'a pas animé, qui, incapable de res-

RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx