Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

35 devants et alla prévenir le consul de notre venue, afin de nous faire disposer des rafraichissements. Nous traversames la ville, que nous trouvames presque entierement déserte : il était midi; c'est le moment du jour, jusqu'a trois heures, ou la chaleur est la plus forte; les habitants ne s'y ex– posent pas : enfermés chez eux, ils passent leur temps a dormir. La réverbération des rayons du soleil était si ardente·, qu'elle nous aveuglait. M. Chabrié se désespérait de m'avoir amenée dans cette fournaise, cela le rendaü d'une hu– meur détestable. Les trois jeunes gens commen- 9aient déja a regretter leurs petites cabanes, et moi, j'étais horriblement contrariéede me sentir si mal a mon aise, craignant que cela ne m'em– péchat de visiter ce qu'il pouvait y avoir de cu– rieux dans la ville. Ce fut dans ces dispositions que nous arrivames a la maison du consul, que nous trouvames avec M. David, assis aupres d'une petite table, buvant du grog et fumant d'excellents cigar.es de la Havane. Le consul américain avait transporté, dans ce triste lieu, tout le confortable auquel sa nation attache tant de prix. Cet homme , d'une tren– taine d'années, h~bitait depuis quatre ans cette résidence. Sa maison était vaste, bien distribnée

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