Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

• 26 dont la peau cuivrée, les chcveux crépus nous indiquaient assez q:u'il n'appartenait pas a la race caucasienne. La mise de ce personnage était des plus grotesques. Son pantalon de nan– kin datait de 1800, et devait avoir eu successi– vement des fortunes bien diverses avant d'arri– ver jusqu'a lui. 11 avaít un gilet de piqué blanc, une redingote de bouracan vert-pomme ; un immense foulard rouge. a pois noirs lui servait de eravate, et les bouts en flottaient gracieuse– ment au gré des v~nts; pour compléter digne– ment sa toilette, il portait un grand chapeau de paille, cíes gants qui jadis avaient été blancs, et tenait a la main un beau foulard jaune qui lui servait d'éventail; il s'ombrageait, contre l'ardeur du soleil, avec un grand parapluie a raies bleu de ciel et rose, tel qu'on les faisait il y a trente ans. Arrivé aupres de notre bati– ment, ce personnage nous déclina, avec des gestes non moins ddicules que sa mise , ses titres ; c'était tout a la fois le capitain_e du port de la Praya et le secrétaire du gouverneur; de plus, il était négociant en gros et en détail, etc~ On voit que la loi contre le cumul n'a poi.nt pénétré jusqu'~ la cóte d'Afrique. Ce capitaine de port était Portugais; il nous dit que l'ile

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