Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
23 que les noms prennenl souvent leur origine dans des circonstances hizarres qui n'ont pas, la plu– part du temps, le plus léger rapport a,·ec les choses que ces noms désignent. Ce qu'on nomme, au cap Horn, la Terre de feu res– semble a la Terre de glace; mais celui qui la découvrit crut la voir en feu par je ,ne sais trop quelle illusion d'optique, et il la nomma telle qu'elle se présentait a sa vue. Ainsi //alpa– raiso ( vallée du Paradis ) rec;ut ce nom diviu des premiers marins espagnols qui aborderent dans sa haie; ils eussent, apres une traversée aussi longue et aussi pénihle, nommé également paradis la cóte la plus aride, le pays le plus af– freux, des lors qu'il répondait au mot terre. Oh! la terre est, en effet, le paradis de l'homme; mais a luí d'y planter \a vigne et rolivier, et d'en arracher les épines et les ronces. L'aspect de cette terre toute noire, entiere– ment aride, a quelque chose de si monotone , qu'on se sent pénihlement attristé. Toute la haie est entourée de rochers plus ou moins élevés , contre lesquels les flots vont se hriser en mn– gissant. Au milieu de la baie s'avance, assez majestueusement, une haute masse de rochers ai:rondie en fer a cheval; c'est sur la plate- .
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