Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

\ 392 Arrivé a Lima, Althaus se présenta au chef du gouvernement, et, sans autre recommanda– tion que sa bonne mine , ses allures martiales, il fut re9u avec distinction et employé selon ses désirs. Ac~outumé aux proportions gigantesques des guerres de l'empire, Althaus n'aurait pu s'imaginer qu'on songeat a entrer €:n _campagne avec une armée au dessous de cinquante mille hommes; aussi fut-il cruellement désenchanté quand on luí dit que le corps d'armée dont on lui confiait le commandement se composait de huit cents hommes ! Lorsqu'il vit ces soldats péruviens mal équipés, sans aucune notion de tactiquP- ni de discipline militaires, la.ches et sans presque aucune des vertus du guerrier, le pauvre Althaus resta pétrifié, et crut qu'on voulait se moquer de lui. Le malheureux fut tenté d'aban– donner l' Amérique et cl'accourir aux champs de la Grece, ou il avait appris que la guerre existait entre la croix et le croissant. Je ne sais sous la– quelle des deux bannieres mon brave cousin se serait décidé a se ranger; mais Althaus abhorre lamer. 11 avait Leaucoup souffert dans le voyage qu'il venait de faire, et l'irnmense distance qui sépare le pays des Hellenes de celui des Incas lui fit craindre de n'arriver que pour etre témoin

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