Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

390 -11 faut croire, cousin, que les habitudes de jeunesse sont bien fortes, puisque votre bon sens naturel et vos connaissances scientifiques n'ont pu déraciner en vous les gm1ts du soldat. - Cousiné, Yous etes charmante, quand vous vous révoltez contre les soldats. Mais, dites-moi, qu'espérez-vous done de votre jeune 1'""'rance? fera-t-elle jamaís rien qui puisse approcher des grandes choses effectuées par les soldats de l'em– pire? On peutjuger, par ce peu de mots, de la tour– nure d'esprit de mon cousin Althaus. L'homme a disparu dans la profession. Soldat avant tout, il réalise completement l'.officier de fortune de Walter-Scott. Encore quelques années, et le type ne s'en retrouvera plus en Europe. Althaus fait la guerre depuis l'age de dix- sept ans; il a servi comme oflicier du génie dans • les armées frarn;aises et dans celles des alliés. La profession des armes est, a ses yeux, la pre- miere, celle a laquelle toutes les au tres doivent etre subordonnées; il l' exerce par gout, s'inté- ressant au combat, quoique indifférent a la cause pour laquelle on se bat. 11 aime la guerre pour elle-meme, et s'enró]e avec celui qu'il croit le plus habile. Apres les évenements de 1815, il

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