Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

383 de toutes ses oreilles, et ses regards m'inter– rogeant semblaient dire : Qu'en pensez-vous '! est-ce un homme ou une femme '! J'avoue que moi-merne j'étais tres embar– rassée et n'aurais pu répondre a cette question. L'enveloppe de ce vicomte ressemblait a celle de ces jeunes Anglaises que nous rencontrons quelquefois sur nos promenades, a ces ravis– santes créatures dont les heaux yeux bleus, les célestes regards, les petits traits de vierge, le teint blanc et rose, les cheveux aux reflets d'or le disputent aux anges de Raphael. Ce jeune homme n'avait pas de barbe, pas de favoris ; seulement une imperceptible moustache blonde garnissait sa levre supérieure : ses membres fluets, sa taille fine, sa poitrine légerement ren– trée, annonc;aient chez lui une extreme faiblesse d'organisation. La mise de ce petit sylphe était en harmonie avec sa gentille personne. Un joli pantalon gris a guetres d'une étoffe soyeuse, une redi:::igote noire descendant a mi– cuisses, a large collet de velours, une cravate de velours noir faisant ressortir son beau linge, des gants jaunes, une petite badine dans une main, dans l'autre un lorgnon retenu autour du cou par une chaine en cheveux d'un beau

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