Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

371 m'ont paru bien supérieures aux hommes; elles ne sont pas aussi jolies que les Liméniennes , ont d'autres habitudes, et leur caractere differe aussi. Leur maintien, digne et fier, impose; il pourrait , a la premiere vue, les faire supposer froides, dé_daigneuses; mais, quand on les con– nait, la fiuesse de leur esprit, la délicatesse de leurs sentiments, enchassées dans cet extérieur grave, en re9oivent un nouveau prix et impres– sionnent plus vivement. Elles sont sédentaires , laborieuses, ne ressemblant nullement aux Li– méniennes, que !'intrigue ou le plaisir attirent constamment hors de chez elles. Les dames d'Aréquipa font leurs chiffons elles-memes, et cela avec une perfection qui surprendrait nos marchandes de modes. Elles dansent avec grace et décence, aiment beaucoup la musique et la cultivent avec succes; j'en connais quatre ou cinq dont les voix fraiches, mélodieuses, se– raient admirées dans les salons de Paris. Le climat d'Aréquipa n'est pas sain; les dys– senteries, les maux de tete, les affections ner– veuses et surtout )es rhumes v sont tres fré- ., quents. Les habitants ont aussi la manie de se croire toujours malades; c'est le prétexte qu'ils donnent a leurs voyages perpétuels; l'activité

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