Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

369 celJe des faubourgs, s'élevc de trente a quarante mille ames; on peut considérer qu'elle se com– pose d'a peu pres un quart de blancs, un quart de negres ou métis, et moitié d'Indiens: Au Pé– rou, cornme dans toute 1' Amérique, !'origine européenne est le grand titre de noblesse.,· dans le langage aristocratique du pays, on appelle b]ancs ceux dont aucun des ascendants n'est lu– dien ou negre; j'ai vu plusieurs clames qui passaient pour blanches , quoique leur peau füt couleur pain d'épices, parce que leur pere était né dans l'Andalousje ou le royaume de Valence. La population libre forme done trois classes provenant de trois races bien distinctes : eu– ropéenne , indienne, negre ; dans la derniere classe, sous la dénomination de gens de couleur, sont.confondus les negres et les métis des trois races. Quant aux e:sclaves, de quelque race qu'ils soient issus , la privation de la liberté établit entre eux l'égalité du malheur. Depuis quatre ou cinq ans, il s'est opéré de grands changements dans les usages et habitu– des du Pérou ; la mode de Paris y a pris le sceplre : il ne reste plus que quelques riches et antiques familles qui se montrent rebelles a son empire , vieux arbres que la seve abandonne et I. 24

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