Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

• • 358 chaux. Ces voutes font ressembler les apparte– ments a des caves, et la monotonie de leur teinte blanche fatigue et attriste. Les ameu– blements sont lourds : les lits, les com– modes , dans des proportions gigantesques , les chaises pesantes, les tables, semblent avoir été faits pour demeurer en place; les miroirs sont en métal, les draperies sans gout; depuis quel– ques années, les tapis anglais se vendent a si has prix dans le pays, que tout le ~onde en a couvert le carrea-q des appartements; pas une piece n'est planchéiée. Les Aréquipéniens aiment beaucoup la table, et, toutefois, sont inhabiles a s 'en procurer les jouissances. Leur cuisine est détestable; les ali– ments ne sont pas bo!ls, et l'art culinaire est encare dans la barbarie. La vallée d'Aréquipa est tres fertile. Néanmoins, les légumes en so~t mauvais; les pommes de terre ne sont pas fa– rineuses; les choux, les salades, les pois sont durs et sans saveur; la· viande aussi est sans jus; enfin, jusqu'a la volaille, dont la chair coriace semble avoir subí l'influence volcani– que. Le beurre, le fromage sont apportés de loin et n'arrivent jamais frais; il en est de meme des fruits et du poisson, qui viennent de la cote ; l'huile dont on use est rance, mal épu-

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