Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
329 conlraire, j'ai fini par etre assuré que c'était la base la plus sure, et que sur celle-la seulement il fallait s'ap– puyer. J'ai reconnu avec épouvante, dans le temps oú je pensais a une fin sérieuse, que, de tous les points du globe, ancun n'était si dépourvu des éléments qui consti– tuent le bonheur intérieur que celui-ci, et quoiqu'il m'en ait couté bien des peines et des pertes, je l,énis le jour ou j'ai été tout a fait désabusé. Mes conversations et mes conséquences générales avaient, c~mme vous vous en ctes convaincue, des antécédents : elles ne se préscntent aujourd'hui qu'avec plus de force, depuis que je sais que vous etes a meme d'éprouver, sous des formes différen– tcs , eles désa,gréments et des souffrances semblables aux miens. Je rcgrette bien vivement et du plus profond du cccur, que ma carriere aventureusc ln'éloigne de vous, ma~fomoiselle, et des lieux o_t\ j'cusse pu, pent-etre, vous ctre utile 4 quelque chose. Votre derniere lettre m'a fait conna1tre ce que je n'avais pas éprouvé depuis bien du temps, et j'ai sent~ que tout sentiment vif n'é– tait pas éteint en moi, puisque peine d'autrui m'était si amere. Je dois vous remercier de la nouvelle opinion que je vous ai en quelque sorte soustraite. Quelquefois je puis elrc meilleur que mes paroies; mais, en général, má. conduite cst ú l'unisson. Trop d'années passées dans l'ab– sence de tous les liens aimables m'ont rendu bien froid, bien égo'iste, et peut-etre _que le malheur seul a des droits a ma sympatliie. Je ne vous l'ai pas caché, madc– moiselle, re~ue .'1. bras ouverts, réintégrée dans vos droits paternels, l'aimable et bonne passagere du lr.lexi'cain n'eut été pour moi qu'une passagere : tris~e, abandon-· néc, dle est devenue une véritable sccur, une tcndre amic a lac¡nellC' je trom·c une douccur bien grande de
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx