Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
326 "A mademoiselle Flora de Tristan, a Aréquipa. « Je ne saurais vous dire, madeinois.elle , combien votre lettre m'a fait de peine. J'avais, d'apres des rap– ports infidt:les, cru que votre réception avait été plus favorable , que votre position, votre avenir étaient plus 1·iants; j'avais mcme été assez loin, en idée, pour anti– ciper déja votre retour en. Europe, lorsque le courrier est arrivé et a dissipé une des dernieres illusions que je ~n'étais faites; car, vous ne l'ignorez pas, mademoisellet ce n' est pt:ts impunément que l'on a partagé avec vous les beaux jours des tropiques et les sombres nuits du cap. Horn; ce voyage, tout triste, tout ennuyeux qd'il a été, a encore , vu sous plus d'un aspect, son beau coté , et, pour ll1?Í, les moments de bonne humeur que je vous ai'surp1·is, ainsi que vos aimables conversations, lorsque les nau~es du mal de mer étaient passfes, m'ont laissé aussi un grand vide; et rarement je vais dans votre chambre, que j'occupe maintenant, sans évoquer l'om– bre de celle qui l'a habitée. Me rappelant de vous, je ne puis séparer du souvenir la crainte du présent, et alors je suis fáché, tres faché de vous avoir connue, puisque mes souhaits sont stériles, et que, tout en désirant votre bonheur, je ne puis mcme l'entrevoir. J'étais léger, di~ siez-vous, lorsque je jugeais qu'il n'y ·avait pas de vertu sur cette terre inhospitaliere; cependant le jugement que .ie portais était fondé. u Vous avicz pensé sa3e111cnt qu'on p ::mrrait cherc4,er ú ,, ' •
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