Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
• 263 avec ses yeux rouges, m'avait semblé la transfor– mation de Lucifer, la charmante petite figure qui était la devant moi, dans une auitude angé– lique de curiosité et de naiveté , me paraissail un ange descendu des cieux. Viens done au– pres de moi ! lui dis-je. Qui es-tu? comment te nommes-tu? La petite créature accourut, s'agenouilla au bord de mon lit, me présenta sa petite houche a baiser, et roula sa gracieuse tete de séraphin sur mon bras afin que je la caressasse. - On m'appelle Mariano. Je suis le fils du señor Na– jarra. Il y a longternps que j'écoutais a la porte pour savoir quand vous seriez réveillée ! Je me s;uis détourné un instant , et le gros chat noir s'est introduit. De crainte qu'il n'allat hoire votre lait, je suis entré. Vous n'etes pas iachée, n'est-ce pas? Ce petit Mariano était un amour d'enfant. Agé de cinq ans, il avait un gen re de beauté qu'il est rare de rencontrer dans un enfant aussi jeune , la beauté d'expression. On lisait dans ses gr·ands yeux noirs que Dieu l'avait doté d'une ame aussi sensible qu'intelligente : son front décelait le génie; sa chevclure, d'uu beau noir luisant, épaissr et houclée, était admirable. Il avait Je
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