Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

226 quiel et affairé. Je parlais peu l'espagnol, mais le comprenais tres bien, et quelques phrases ~aisies au passage m'apprirent que j'étais l'o~jet de toutes ces visites. Le docleur, qui était allé a la douane pour nos malles , rentra et vint a moi avec un air de mystere et de joie dont je ne pouvais deviner la cause : - Ah! mademoi– selle, me dit-il a voix basse, si vous saviez dans quel scélérat de pays nous sommes? ces gens du Pérou sont aussi flatteurs et aussi , 1 ils qué les Mexicains. Oh! chere France, pourquoi faut-il qu'un petit médecin ne puisse faire une petite fortune a Paris? - Quoi, d~ja, docteur, en malédictions con– tre le pays !. .. Quel mal ces gens-la vous ont-ils done fait? - Aucun encore; mais jugez, par l'échan– tillon queje vais vous donner, de ce qu'on peut attendre d'eux. J'ai l'air de ne pas comprendre l'espagnol, afin qu'ils ne se déguisent pas de– vant moi; eh bien! apprenez que ces coquins ont mis en délibération s'ils devaient vous faire bon accueil, ou s'il ne serait pas plus prudent <le vous faire froide mine par· la crainte qu'ils ont de déplaire a don Pio de Tristan? Heureu– sement, pour vous, il se trouYc ici un ennemi .,.

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