Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
211 succession de mon frere; mais il n'a pu ríen faire, par suite de l'invasion de l'Espagne par les Franfais , qui l'obligea Je se rendre sur le continent américain pour des affaires d'une tres grande importance. C'est égale– ment par suite de cette meme invasion, que nous som– mes restés pendant de longues années sans communica– tions, et ensuite la guerre de l'Amérique nous a telle– ment occupés, que nous ne pouvions songer a d'autres choses, dont la distance quinous sépare rcudait la conclu– sion difficile. Cependant, le 9 avril 1824, j'ai envoyé a M. Changeur, négociant a Bordeaux, des pouvoirs spé– ciaux pour parvenir a découvrir votre séjour, par l'in– termédiaire de ses ag·ents a París , et les biens que le défunt avait laissés. Je luí ai donné l'adressc de la mai– son qu'il habitait lors de sa mort. Avant et apres l'en– voi de ma procuration , je lui avais tres particulierement recommandé, a plusieurs reprises, de ne pa_s épargner la moindre démarche pour savoir si vous existiez, vous et madame votre mere. Je n'ai obtenu autI:e chose que de me faire porter en compte les frais inutiles des 1·echerches faites a votre sujet, recherches dont les preuves se trouvent en mon pouvoir. Comrnent, apres vingt ans, a partir de la mort de Tristan mon frere, sans avoir de vos nouvelles ainsi que de votre mere, pouvais-je me figurer que vous existassiez encore? Oui, ma chere niece, c'est une fatalité qu'aucune des lettres nombreuses qui m'ont été écrites par madame votre mere ne me soit parvenue, lorsque la premiere que vous m'avez adressée m'est parvenue sans 1·etard. Je suis tres connu dans ce pays-ci, et les rapports entre ses cotes et les YÓtres sont assez fréquents depuis huit ans, pour qu'au moins une de ses lettres fut anfrée. Ceci
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