Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
200 trés. Nous fumes bien contraries de ne pouvoir juger de l'aspect de la contrée. Le docteur et moi éprouvions une vive impatience de la voir : agités par cette curiosité, nous veillames fort avant dans la nuit : nous faisions des conjec– tures sur la nature d'un pays que nous étions dans l'anxiété de connaitre, tout en causant de nos projets respectifs. Le docteur se leva avant le jour, tant le désir de voir le tourmentait. Il revint dans la ehambre; je ne dormais pas et le voyais a travers mes persiennes; le pauvre homme me parut entierement dérnoralisé : il pleurait; cela m'en disait assez sur le pays. Peu de rnoments apres, le docteur, n'y tenant plus, s'approcha de ma porte et me dit: - Ma payse, dormez-vous '? •.• - Non, lui dis-je. - Ah! si vous saviez, mademoiselle, dans quel horrible désert nous sommes ! e'est affreux ! Pas un arbre, pas de verdure. rien que du sable noir et aride et quelques cabanes en bam– bou. Mon Dieu ! mon Dieu ! que vais-je deve- . ') llll'. ,., - Docteur, il faut en prendre son partí : le vin cst tiré , il f'aut le boire. Vos pleurs, vos regrets, vos malédictions ne sauraient y faire , '\
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